Tom Enders, chef de file du groupe franco-allemand de l'industrie de défense terrestre, avait déjà abondé de critiques envers Berlin sur le cas de la gestion du Scaf.
Friedrich Merz et Emmanuel Macron, le 17 avril 2026, à l'Elysée ( AFP / LUDOVIC MARIN )
Après l'échec retentissant du projet d'avion de combat du futur franco-allemand Scaf, et face aux avancées laborieuses de son cousin de la défense terrestre MGCS, le fabricant de char KNDS a vivement critiqué Berlin pour son manque de coopération militaire avec Paris dans le cadre de la gestion du groupe franco-allemand,
Avant l'entrée en Bourse de KNDS, prévue d'ici la fin de l'année et très attendue par les deux capitales, Berlin réclamerait des "droits de veto" sur la propriété intellectuelle en Allemagne du producteur de blindés, selon le journal s'appuyant sur des sources gouvernementales anonymes. Cette proposition proviendrait de plusieurs députés sociaux-démocrates (SPD), partenaire minoritaire de la coalition avec les conservateurs du chancelier Friedrich Merz. Contactés par l'AFP, les ministères de l'Economie et des Finances n'ont pas réagi dans l'immédiat.
Une préférence nationale accrue qui pose problème?
"Voulons-nous vraiment traiter la France, avec laquelle nous coopérons avec succès depuis de nombreuses décennies dans plusieurs projets d’armement, comme la Chine ?", a critiqué Tom Enders, président du conseil d'administration de KNDS, dans une interview lundi 15 juin au journal Handelsblatt . Il note aussi une tendance "préoccupante" à "se cantonner toujours plus au niveau national en matière de défense et de coopération dans l'armement".
Cet ancien patron d'Airbus avait déjà vertement critiqué la position de Berlin sur le SCAF, pointant que l'Allemagne n'a pas développé d'avion de combat de manière autonome depuis 1945. Après l'échec de ce projet phare la semaine précédente, miné par les tensions entre industriels, Paris et Berlin peinent à rassurer sur l'état des autres partenariats militaires en cours, dans un contexte pressant de réarmement face à la menace russe. Lundi, le gouvernement allemand n'a pas exclu la possibilité que le projet de char du futur, MGCS, dans lequel KNDS est impliqué, débouche sur deux blindés pour chaque pays au lieu d'un seul.
Créé en 2015, KNDS résulte d'un rapprochement entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann et veut être un pendant, dans l'industrie de défense terrestre, à la concurrence américaine et au groupe Rheinmetall en plein essor. La maison mère de KNDS, holding de droit néerlandais, est contrôlée à parts égales par l'Etat français et la famille allemande Wegmann, qui souhaite désormais vendre les siennes. Berlin, qui veut en profiter, a annoncé fin mai après des mois d'atermoiement viser une participation de 40%, susceptible d'être réduite à 30% d'ici deux à trois ans.
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